Les Layer 2 mettent ethereum en danger ? Vitalik donne sa vision et ses ambitions pour ETH

Depuis plusieurs années, la montée en puissance des solutions de seconde couche (L2) a été présentée comme la voie royale pour faire grandir Ethereum sans sacrifier sa sécurité. Début 2026, Vitalik Buterin nuance fortement ce récit. Non pas pour enterrer les L2, mais pour rappeler qu’ue accumulation de réseaux mal intégrés peut fragiliser l’ensemble, sur le plan technique comme sur celui de la valeur captée par l’écosystème.

Un succès des L2 qui peut se retourner contre Ethereum

L’idée initiale était simple : déléguer une grande partie de l’activité à des réseaux d’agrégation, tout en s’appuyant sur Ethereum comme socle de règlement et de protection. Or Vitalik Buterin constate que la progression vers une décentralisation complète de ces réseaux est plus lente qu’espéré, et que l’interopérabilité reste inégale. Résultat, certains L2 fonctionnent encore avec des leviers de contrôle concentrés, ce qui accroît le risque opérationnel en cas de panne, de censure ou de décision unilatérale.

Dans sa mise au point, le cofondateur insiste aussi sur un point de vocabulaire, donc de responsabilité. Un réseau qui promet des volumes massifs mais dont le lien avec Ethereum repose sur une passerelle à signatures multiples ne renforce pas Ethereum au sens strict, il s’apparente plutôt à une chaîne indépendante reliée par un pont. Dit autrement, l’utilisateur peut croire profiter des garanties d’Ethereum alors qu’il dépend, en pratique, d’un autre niveau de confiance.

Cette confusion a une conséquence financière : si l’activité, la liquidité et les frais migrent durablement vers des environnements qui ne réinjectent pas de valeur dans la chaîne principale, l’ether (ETH) risque de perdre une partie de son rôle économique central. Cela ne signifie pas l’effondrement d’Ethereum, mais un affaiblissement de sa capacité à rester la colonne vertébrale de la finance décentralisée, devenant le support de projets majeurs comme Polymarket ou les RWA.

La vision de Vitalik : un cœur plus fort et des L2 plus utiles

Le message de Vitalik Buterin n’est pas anti-L2, il est exigeant. Sa thèse est que la chaîne principale progresse désormais suffisamment pour relever le niveau d’attente. La trajectoire vise moins de dépendance mécanique aux L2 et plus de garanties natives, avec un socle qui se renforce et une périphérie qui innove.

Côté protocole, la mise à jour Dencun, activée le 13 mars 2024, a introduit les données temporaires avec les blobs pour réduire le coût du stockage de données des L2, ces données restant disponibles environ 18 jours. Ce jalon a amélioré l’économie des transactions hors chaîne principale, tout en confirmant l’ambition d’Ethereum comme couche de disponibilité des données.

Mais Vitalik va plus loin : il encourage une intégration plus directe entre Ethereum et les preuves cryptographiques utilisées par les L2, afin de diminuer la dépendance à des comités de sécurité et d’améliorer la compatibilité entre réseaux. En parallèle, il pousse les L2 à justifier leur existence par autre chose que des transactions moins chères : confidentialité, usages non financiers (identité, réseaux sociaux), latence minimale, ou spécialisation technique.

Quelles ambitions pour ETH dans sa prochaine phase de développement ?

Le fil conducteur est clair : préserver une infrastructure de confiance, stable et crédible, tout en laissant l’innovation se déployer davantage au niveau des applications et des couches supérieures. Pour les marchés, l’enjeu est que l’ETH reste l’actif de référence d’un système cohérent, plutôt qu’une monnaie parmi d’autres dans une constellation de réseaux faiblement connectés.

En pratique, la stratégie esquissée par Vitalik revient à transformer la question en critère d’investissement : un L2 renforce-t-il réellement Ethereum, ou capte-t-il simplement de l’activité en s’appuyant sur sa marque ? Pour Ethereum, l’ambition est de sortir de l’opposition stérile entre chaîne principale et seconde couche, et d’imposer un standard : plus d’utilité, plus d’intégration, et moins de confiance implicite. En parallèle, bitcoin marque de nouveaux points bas, comme ETH, signifiant que les fondamentaux ne suffisent pas à remonter la pente. La tendance est à la baisse pour l’ensemble du marché.

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